8e symposium – 2018

État, conditions et diffusion de la recherche en archivistique

Colloque du Groupe interdisciplinaire de recherche en archivistique (GIRA), vendredi 30 novembre 2018

Carrefour des arts et des sciences, Université de Montréal


Cadre de réflexion

Depuis bientôt trente ans le Groupe interdisciplinaire de recherche en archivistique (GIRA) réunit périodiquement la communauté archivistique du Québec et d’ailleurs autour de thèmes qui ont permis d’approfondir des questions d’actualité professionnelle. Le regard a d’abord porté sur la discipline et sur la profession elles-mêmes, sur la place qu’elles occupent en gestion de l’information et dans la société en général. À l’occasion des 3e et 4e symposiums, l’objet même de l’archivistique, les archives, s’est retrouvé au centre de la discussion par le biais de questionnements sur l’évaluation des archives et sur les archives électroniques. Puis, le 5e symposium s’est intéressé à ceux et celles qui utilisent son objet et qui l’exploitent comme une ressource vitale et essentielle au fonctionnement des organisations, à la réalisation de leurs activités et à la construction de leur savoir. Dans le cadre du 6e colloque basé sur le thème « Les archives, de l’information à l’émotion », le GIRA a continué d’encourager la communauté archivistique à porter le regard vers l’extérieur et s’est proposé de questionner diverses exploitations contemporaines et innovantes des documents d’archives et d’en mesurer l’impact sur la discipline archivistique. À l’occasion de son 7e colloque, le GIRA s’est interrogé sur les nouveaux objets, les nouveaux rôles et les nouvelles pratiques induites par le Web. À l’occasion du trentième anniversaire de sa fondation, le GIRA souhaite faire un état des lieux de la recherche en archivistique, et ce faisant sur la discipline archivistique elle-même.

Mise en contexte

L’archivistique en tant que pratique, remonte très certainement à la Haute-Antiquité mais la recherche en archivistique, vue comme activité scientifique qui vise à produire des connaissances, est somme toute plus récente. Carol Couture, co-fondateur du GIRA, a déjà souligné l’importance de la recherche en archivistique pour sa reconnaissance comme discipline universitaire autonome: « Faire de la recherche en archivistique, c’est essentiellement poser des problèmes propres à la discipline » (1998-1999, p.6). La recherche en archivistique a longtemps été un espace partagé et était portée par des archivistes professionnels autour des préoccupations liées à la nature de l’information et des documents historiques (communication, création, et conservation d’archives, méthodes de recherche), à la place des archives dans la société (histoire des institutions, origine et développement des principes et méthodes d’archivage, les archives dans leur contexte, la profession d’archiviste et son histoire), aux fonctions archivistiques (acquisition, évaluation, classement, description, conservation, accès, diffusion), ou à la gestion (organisation, ressources humaines, finances, bâtiments et équipements) (Couture, 1998-1999). À l’ère du numérique où certaines problématiques sont transversales, la recherche sur les archives a  élargi ses frontières en ralliant des chercheurs d’autres disciplines. Traditionnellement, les archives ont été l’objet de différentes disciplines et professions, telles que le droit, l’histoire, les sciences de l’administration et de l’information. Depuis une vingtaine d’années, les frontières disciplinaires et professionnelles paraissent devenir floues avec l’apparition de l’« archive » dans les discours d’autres disciplines comme les arts, la littérature, la muséologie, la philosophie et bien d’autres.  L’archivistique doit donc explorer des échanges avec ces disciplines afin de se conférer une meilleure crédibilité.

Parallèlement, dans un contexte nord-américain, la recherche en archivistique est aujourd’hui davantage portée par des enseignants-chercheurs et leurs étudiants que par des praticiens. Comment ces derniers considèrent-ils la recherche? Assiste-t-on à une désappropriation de la recherche par les professionnels des archives et ce faisant à un cloisonnement entre théorie et pratique menant à une rupture des savoirs entre professionnels des archives et les professionnels de la recherche? Par ailleurs, il existe un danger pour les archivistes de maintenir le discours (et la recherche de solutions) sur un plan purement technique au détriment de la recherche fondamentale. On peut également se questionner sur les effets à long terme d’une logique de compétences et de retour sur investissement et non plus de connaissances.

Si l’on considère indéniable le rôle scientifique, professionnel et social de la recherche en archivistique, en diffuser les résultats est tout aussi essentiel non seulement pour la communauté des archivistes mais aussi pour les chercheurs en sciences humaines et sociales voire pour toute personne intéressée par le développement de l’archivistique. Outre les canaux de diffusion traditionnels (par exemple, article, livres), on assiste à la naissance de nouveaux modes de diffusion de résultats et des données de la recherche en archivistique sur les blogues ou les revues en open access, par exemple. De plus, les universitaires sont encouragés par leur institution à diffuser leurs travaux vers des lieux dits « scientifiques », les éloignant ainsi des praticiens qui vont critiquer leur retrait des revues et congrès professionnels. On peut ainsi se questionner sur les conséquences de la diversification des lieux de publication des chercheurs en archivistique.

Questionnement

Ce colloque du GIRA se veut un forum de discussion et de réflexion sur des sujets susceptibles d’apporter un éclairage nouveau aux thématiques et questions suivantes :

1. L’état de la recherche en archivistique : Existe-t-il aujourd’hui des « nouveaux » champs ou préoccupations de la recherche en archivistique et de la recherche sur les archives? Où se trouve la frontière entre la recherche en archivistique et la recherche sur les archives? Qu’est-ce qui est stable, qu’est-ce qui émerge et qu’est-ce qui est remis en question dans les champs de recherche en archivistique? À l’ère numérique, où se trouve l’expertise des chercheurs en archivistique ? Dans quels secteurs sont-ils recherchés? Quelle est l’originalité de la recherche en archivistique par rapport aux autres disciplines qui s’intéressent à l’archive?

2. Les conditions de la recherche en archivistique : Sous quelles conditions est réalisée la recherche en archivistique? Par quels acteurs? Quel portrait peut-on dresser d’un chercheur en archivistique? Dans un contexte d’académisation de la recherche en archivistique, quel rôle jouent les institutions nationales et les organismes subventionnaires? Quel impact ont les sources de financement sur les orientations de la recherche en archivistique?

 3. La diffusion et l’exploitation de la recherche en archivistique : Quelles sont les retombées scientifiques, professionnelles et sociales de la recherche en archivistique? Les archivistes se sentent-ils interpellés par les résultats de la recherche en archivistique? La recherche en archivistique est-elle pertinente aux yeux des archivistes professionnels, ou aux yeux d’autres acteurs? Existe-t-il des moyens de faciliter la diffusion et la mise en valeur de la recherche en archivistique?

Les propositions sont attendues autour de ces trois axes.

Modalités de proposition : Les propositions de contributions (titre, résumé de la proposition de 750 mots, incluant une courte notice biographique de 50 mots) devront être envoyées avant le 31 mars 2018 à l’adresse suivante : sabine.mas@umontreal.ca. La longueur du texte sera comprise entre 30 000 et 35 000 caractères, espaces compris (environ 6000 mots), en excluant la bibliographie. Les auteurs devront joindre à leur texte définitif un résumé (limité strictement à 250 mots) et 5 mots clés.

Durée de la communication : 45 minutes, incluant 15 minutes de questions.

Modalités de publication : Les textes des communications des auteurs présents au colloque seront publiés en ligne dans le cadre d’une collection spécifique.

Dates importantes :

  • Date limite de remise du résumé de la proposition : 31 mars 2018
  • Date de retour des évaluations aux auteurs : mi-mai 2018
  • Date de remise du texte: 31 octobre 2018
  • Date du colloque : 30 novembre 2018

Comité d’organisation :

  • Inge Alberts, professeure agrégée, École des sciences de l’information, Université d’Ottawa
  • Diane Baillargeon, directrice, Division Gestion des documents et des archives (DGDA), Université de Montréal
  • Simon Côté-Lapointe, doctorant, École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (EBSI), Université de Montréal
  • Daniel Ducharme, archiviste, Bibliothèque et Archives nationales du Québec
  • Cécile Gaiffe, doctorante, EBSI, Université de Montréal
  • Laure Guitard, doctorante, EBSI, Université de Montréal
  • Anne Klein, professeure agrégée, Département des sciences historiques, Université Laval
  • Yvon Lemay, professeur agrégé, EBSI, Université de Montréal
  • Basma Makhlouf Shabou, professeure, HES-SO Genève
  • Sabine Mas, professeure agrégée, EBSI, Université de Montréal
  • Dominique Maurel, professeure agrégée, EBSI, Université de Montréal
  • Claude Minotto, directeur retraité, DGDA, Université de Montréal
  • Robert Nahuet, archiviste, Bibliothèque et Archives Canada
  • Annaëlle Winand, doctorante, EBSI, Université de Montréal
  • Natasha Zwarich, professeure agrégée, Département d’histoire, Université du Québec à Montréal