9e symposium – 2022

Retours et détours autour de la diffusion

Vendredi 18 novembre 2022

Université du Québec à Montréal

Depuis sa fondation, en 1987, le Groupe interdisciplinaire de recherche en archivistique (GIRA) a organisé huit symposiums thématiques. Abordée dans la plupart d’entre eux en tant que dimension fondamentale de l’archivistique, la diffusion n’en a pourtant jamais été l’objet central alors qu’elle était placée au cœur de plusieurs congrès et numéros spéciaux de revues[1]. Expression proprement québécoise proposée en 1982 dans le premier manuel d’archivistique, elle est présentée comme « l’objectif ultime » (Couture, Rousseau en collaboration avec Pélissier, 1982, 257) dans le cadre de la mise en place d’un programme de gestion globale des archives. La diffusion est alors l’aboutissement de ce programme compris comme l’ensemble d’activités inscrites dans un continuum depuis la création jusqu’à la mise à disponibilité des documents pour le public, ce que l’on désignera comme l’archivistique intégrée. En 1999, Normand Charbonneau reprend le terme et en précise la définition :

La diffusion est l’action de faire connaître, de mettre en valeur, de transmettre ou de rendre accessibles une ou des informations contenues dans des documents d’archives à des utilisateurs (personnes ou organismes) connus ou potentiels pour répondre à leurs besoins spécifiques. [Elle] comprend toutes les relations entretenues par le personnel du centre d’archives avec sa clientèle interne ou externe, et ce, aux trois âges des documents. (Charbonneau 1999, 374)

Centrée sur les utilisateur.rice.s, la diffusion apparaît alors comme un ensemble d’activités structurées selon quatre axes significatifs. La promotion, qui vise à faire connaître les ensembles documentaires (documents et archives), la discipline (gestion documentaire et archivistique) et le travail des professionnels (gestionnaires de documents et archivistes). La valorisation qui représente toutes les activités qui permettent de mettre en valeur les archives. La référence, dont le but est de satisfaire aux besoins des utilisateur.rice.s. La communication qui regroupe les moyens pour assurer l’accès.

Ainsi définie, la diffusion interroge quant à son applicabilité à l’ensemble du cycle de vie des documents puisque les concepts qu’elle recouvre se déploient différemment selon que l’on parle de gestion documentaire ou de gestion des archives historiques. Élaborée dans la perspective de l’archivistique intégrée dans les années 1990, cette définition mérite d’être revisitée non seulement au regard des moyens disponibles pour sa mise œuvre, comme c’est le cas depuis une dizaine d’années, mais surtout dans une perspective réflexive éclairée, par exemple, par l’évolution des contextes sociaux et professionnels ainsi que par celle des attentes des utilisateur.rice.s. Ainsi, le 9e symposium du GIRA propose de s’intéresser aux acteurs (utilisateur.rice.s et professionnel.le.s), aux principes et aux modalités de mise en œuvre de la diffusion du point de vue de la gestion des documents et de la gestion des archives historiques.

Axes thématiques

Les suggestions suivantes ne sauraient être exhaustives, elles entendent cependant susciter des propositions relatives à l’ensemble du cycle de vie, tant en gestion des documents qu’en gestion des archives historiques.

Mettre en lumière et interroger les principes qui sous-tendent la diffusion

  • Revisiter la terminologie : définitions, pertinence des termes selon les contextes ;
  • Questions éthiques : accès et protection des renseignements personnels, relations avec les usager.ère.s et les publics, pertinence de la disponibilité et visibilité à tout prix, inclusion et diversité, développement durable ;
  • Réflexions épistémologiques : interdisciplinarité, renouvellement paradigmatique et méthodologique.

Présenter les pratiques et les mettre en perspective

  • L’impact du numérique : incidences sur la formation, sur la promotion, sur l’accès, sur la communication, sur la mise à disposition ou sur la valorisation, détermination des pratiques par les outils, évolution des publics et des utilisateur.rice.s, changement d’objet (donnée, information, documents, archives), nouveaux espaces de diffusion ;
  • Les effets de contexte : incidences des cadres juridique et réglementaire, influence des contextes culturel (national, régional, tradition archivistique) et professionnel (organismes publics, secteur privé, milieu communautaire, etc.), apparition de nouveaux lieux de pratiques ;
  • Les conséquences des pratiques elles-mêmes : sur les utilisateur.rice.s, sur l’identité professionnelle et sur l’évolution de la discipline ;

Le point de vue des utilisateur.rice.s, collaborateur.rice.s, employeur.e.s, chercheur.euse.s d’autres disciplines et créateur.rice.s

  • Quant au rôle de l’archiviste et du gestionnaire de documents dans leurs divers milieux de pratique ;
  • Quant aux corpus numérisés ;
  • Quant aux outils proposés ;
  • Quant à la valeur ajoutée des activités de formation, de promotion, d’accès, de communication, de mise à disposition ou de valorisation.

[1] Par exemple, les congrès de l’AAQ (Association des archivistes du Québec et Malo, 2004 ; Association des archivistes du Québec, 2014), les Journées des archives de Louvain-la-Neuve (Hiraux et Mirguet, 2012), un numéro de la revue Archives (Cardin et al., 2014), deux numéros de la revue Les cahiers du numérique (« Valorisation des corpus numérisés », 2012 ; « Archives audiovisuelles et valorisation du patrimoine à l’ère numérique », 2015).

Le GIRA encourage les jeunes chercheur.e.s et les jeunes professionnel.le.s ainsi que les membres des groupes minorisés et des Premières Nations à soumettre des propositions. Par ailleurs, un équilibre sera assuré entre la gestion documentaire et la gestion des archives historiques.

Le symposium se tiendra en mode comodal, c’est-à-dire qu’il sera possible d’y participer en présentiel ou en distanciel selon la préférence des participant.e.s.

Modalités de proposition : Les propositions de communication doivent comprendre les informations suivantes:

  • Nom et prénoms des auteur.e.s
  • Affiliation institutionnelle des auteur.e.s
  • Titre de la proposition
  • Résumé de la proposition de 500 mots
  • Type de présentation pressentie: en présentiel ou en distanciel

Les propositions doivent faire la démonstration de leur qualité scientifique par l’entremise de références à un cadre théorique, par leur exposé de méthode ou en précisant leur contribution aux savoirs ou aux savoir-faire.

Les propositions devront être envoyées avant le 21 mai 2022 à l’adresse suivante : girasymposium2022@gmail.com

Dates importantes :

Date limite de remise du résumé de la proposition : 21 mai 2022

Date de retour des évaluations aux auteurs : fin juin 2022

Date et lieu du colloque : vendredi 18 novembre 2022 à l’Université du Québec à Montréal

Les participant.e.s au symposium seront invités à proposer, à la suite de l’événement, une version étendue de leur présentation afin de contribuer à une publication. Des informations supplémentaires seront données pendant le symposium.

Comité d’organisation :

  • Diane Baillargeon, archiviste
  • Sophie Côté, Archiviste-conseil, Bibliothèque et Archives nationales du Québec
  • François Dansereau, archiviste principal, Archives des Jésuites au Canada
  • Simon-Olivier Gagnon, doctorant, Université Laval
  • Anne Klein, professeure agrégée, Département des sciences historiques, Université Laval
  • Pascal Landry, doctorant, Université Laval
  • Yvon Lemay, professeur agrégé, EBSI, Université de Montréal
  • Sabine Mas, professeure titulaire, EBSI, Université de Montréal
  • Dominique Maurel, professeure agrégée, EBSI, Université de Montréal
  • Diana Walton, doctorante, EBSI, Université de Montréal
  • Virginie Wenglenski, doctorante, EBSI, Université de Montréal
  • Annaëlle Winand, stagiaire postdoctorale, Université Laval
  • William Yoakim, archiviste, République et canton de Genève
  • Natasha Zwarich, professeure agrégée, Département d’histoire, Université du Québec à Montréal

Bibliographie

« Archives audiovisuelles et valorisation du patrimoine à l’ère numérique ». Les Cahiers du numérique 11, no 3 (2015). http://www.cairn.info/revue-les-cahiers-du-numerique-2015-3.htm.

Association des archivistes du Québec, et Nicole Malo, éd. Les archivistes donnent la parole aux utilisateurs actes du congrès, 32e congrès, Association des archivistes du Québec, Trois-Rivières, 12 au 14 juin 2003. Sillery, Québec: Association des archivistes du Québec, 2004. http://congres.archivistes.qc.ca/actes-2004/

Association des archivistes du Québec. Archivistes+: Connecter, collaborer, valoriser. Actes du 43e Congrès annuel, Association des archivistes du Québec, Laval, 28 au 30 mai 2014, 2014. http://congres.archivistes.qc.ca/actes-2014/.

Cardin, Martine, Yvon Lemay, Anne Klein, et Association des archivistes du Québec. « L’exploitation et la mise en valeur des archives à l’ère numérique ». Archives 45, no 1 (2014). https://archivistes.qc.ca/cora/volumes.php.

Couture, Carol, Jean-Yves Rousseau, et Denise Pélissier. « Partie III : Chapitre 6. La diffusion ». In Les archives au XXe siècle : une réponse aux besoins de l’administration et de la recherche. Montréal: Université de Montréal, Secrétariat général, 1982.

Charbonneau, Normand. « La diffusion ». In Les fonctions de l’archivistique contemporaine, par Carol Couture, 373‑428. Sainte-Foy: Presses de l’Universite du Quebec, 1999.

Hiraux, Françoise et Françoise Mirguet (Dir.). La valorisation des archives: une mission, des motivations, des modalités, des collaborations: enjeux et pratiques actuels. Louvain-la-Neuve: Harmattan-Academia, 2012.

« Valorisation des corpus numérisés ». Les Cahiers du numérique 8, no 3 (2012). http://www.cairn.info/revue-les-cahiers-du-numerique-2012-3.htm.